Fable Sophie

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Fable Sophie

Message  Lyconide le Lun 13 Fév - 22:09

Un serpent survivait dans un triste et sombre souterrain. Insatisfait de cette sinistre situation, il se souciait pour la suite de son existence. Il se lamentait sans cesse au point d’excéder son entourage.
Soudainement lassé de stagner, il prit son sac, se choisi un chat, fit ses adieux à sa mère, la hibou, son père, le paresseux et ses sœurs, les oies et se trissa vers le nord, sans un regard en arrière.

Il avait subodoré quelques succès, la réalisation de quelques ambitions, mais il ne fit que s'enterrer dans un autre trou, encore plus sombre, et encore plus étroit... Mais avec un petit chat.

Les sous vinrent soudain à manquer, alors il accepta la proposition du rémora. Lui et son associé, le requin marteau, possédaient une affaire et recherchaient des petites mains en échange de quelques pièces. Le serpent ne disposait d’aucune main, mais le besoin le poussa à accepter la besogne.

Soupirant et sifflant, il glissa jusqu'à l’université, espérant y croiser la tante du rémora, pour la conduire à son travail. La perspective de supporter une inconnue pendant deux longues heures d’excursion assombrit sérieusement l'humeur du serpent.

Quelle ne fut pas sa surprise quand, à la place d'un vieux poisson, il découvrit une minuscule petite grenouille. Qu'elle semblait mignonne et fragile. Mais elle était toute gonflée, à tel point qu’elle en paraissait sphérique. Elle était entourée d'une bande de mandrills. La petite grenouille toute ronde ne semblait pas très à l’aise. Bien que d’apparence décontractée, le serpent la voyait gonfler à vue d’œil.

La petite grenouille toute ronde fit de grands gestes dans sa direction et accourus en sautillant, abandonnant les primates à leurs futiles occupations. Bien malgré lui, le serpent senti son humeur s'éclaircir. "Palsambleu, voilà un drôle d’olibrius, songea t-il. Sans doute que ce voyage ne sera pas si insupportable après tout".

Le serpent se laissa mener par le fringant batracien vers sa voiture, bâtie de la même manière que sa propriétaire. A sa grande surprise, elle le pria de conduire : « Je n’aime pas trop la ville, coassa-t-elle, les gens sont tous tarés ». Le serpent accepta, guère plus rassuré.

Le voyage se passa sans autre embarra, le serpent se perdit bien une ou deux fois, mais comme il était myope, on le lui pardonnera. En une heure de voyage, la grenouille se confia. Elle coassa et coassa sous le regard attendri du serpent. « Voilà qui est singulier, remarqua l’ophidien, elle semble désenfler à vue d’œil. Quel insolite batracien. » Plus la grenouille coassait, plus le serpent s’attendrissait. « Quelles horribles épreuves à t-elle du traverser, s’attrista le serpent, voilà un poids bien excessif pour les fragiles épaules d’une si petite grenouille. Je la soulagerait bien ».

Mais voilà, le voyage pris fin. La grenouille s’en alla et le serpent repartit, sans promettre toutefois de ne pas l’oublier pour le voyage retour.

Le travail fut long. La grenouille affolée, par je ne sais quel danger, ne cessa d'envoyer moult SMS à l’infortuné serpent. Ce dernier se senti bien attristé de subir une si stressante situation. Mais il ne s’enfuit pas ; de toute ses force il se hâta, désespérant de retrouver la petite grenouille. Le temps s’écoule de singulière façon, lorsque l’on est pressé par ses obligations.

Enfin le serpent parvint à se glisser dans la voiture et fonça retrouver la petite guernazelle. Sans lui laisser le temps de souffler, elle se jeta contre lui et le serra de toutes ses petites forces. Étourdit et ne sachant que faire, le serpent ne vit pas le filet s’abattre sur sa tête. Mais qu’importe, ce fuyant animal était insaisissable. C’était sa fierté, son engagement suprême.

Mais que valait tout ça, face aux yeux larmoyant de la petite grenouille implorant son secours ? Elle avait, racontait-elle, subit l’immonde harcèlement du crapaud purulent. « Sombre sot, siffla le serpent, une grenouille n’a que faire d’une insalubrité vivante. » Sur ses mots, il goba le crapaud. La grenouille avait doublé de volume. Le serpent l’entoura de tous ses anneaux et planta ses crochets jusque dans ses boyaux. Ensuite il aspira, pompa et siphonna, tant et si bien que la grenouille dégonfla. La tête lui tournait, il était affaiblit, mais la petite grenouille en fut ragaillardi.

La grenouille se montra désireuse de visiter l'antre du serpent. Il hésita longtemps, n'étant pas franchement un as du rangement. « Ne sois pas effrayé par tout ce capharnaüm, la prévint-il, j'ai entassé beaucoup d'affaire, à ne plus savoir qu'en faire ». La grenouille abasourdit n'en croyait pas ses mirettes. Cette petite pièce était loin d'être proprette. Mais elle en avait vu d'autre. Elle ne convoitait nullement un bel appartement. Elle ne désirait que son cœur. Mais le serpent n'était pas encore disposé à le lui céder. Il sentait chez cette petite grenouille toute fragile, un attirance étrange pour les expériences difficiles.

Alors qu'elle commençait à prendre ses aises, elle subit l'assaut d'un fauve enragé. C'était le chat du serpent qui n'avait pas mangé de toute la journée. Le serpent s'attendait à la voir enfler de nouveau, mais il n'en fut rien, bien que le pauvre batracien semblait quelque peu effrayé. Fatigué de sa dure journée, le serpent s'assoupit sans plus penser à la petite créature verte.

Ainsi, bien qu'il soit déjà très tard, la petite grenouille reparti dans sa mare. Mais sitôt réveillé, le serpent reçu de ses nouvelles. Elle voulait le revoir. Le serpent réfléchit, réfléchit longuement. La petite grenouille avait quelque chose de touchant, elle avait ébranlé le cœur du serpent. Mais il n'avait pas encore digéré, ce qu'il avait aspiré.

Quelque heures plus tard, la sonnette retenti et la porte s'ouvrit sur la petite grenouille, à nouveau toute ronde. Le serpent l'étreignit, et aspira derechef, jusqu'à ce que le petite grenouille retrouve sa taille fluette.
- Mais comment ce fait-il que tu gonfles ainsi ? S'exclama le serpent, au bord de l'évanouissement.
- Je mange les sentiments, avoua t-elle timidement. Les bons glissent et s'en vont, mais les mauvais s'installent, je ne les digère pas. Alors les gens m'envoient tous leurs mauvaises pensées et moi, je ne peut m'empêcher de les ingurgiter... Une fois qu'ils s'en trouvent débarrassé, je leur sert de jouet. Ils me donnent des coups de pieds pour me faire rouler.

Le serpent n'en revint pas. Il observa la grenouille et se mis en colère. La grenouille fréquentait de dangereux compères ! Quelle substance affreuse devait-elle absorber ? Pourquoi ne pas s'enfuir et tout laisser tomber ? Alors le serpent s'emporta et dit à la grenouille de se débarrasser de tout ces parasites. La grenouille refusa d'abord, puis se laissa convaincre. Cela ne leur plut pas, ils voulaient la reprendre. Le serpent s'y refusa fermement et ne fut qu'une bouché de tout ces allumés. Il eut quelques difficultés à se débarrasser du troll. Ce dernier fournissait à la grenouille une friandise dont elle n'arrivait pas à se passer.

Le serpent eut beau se mettre en colère, rien n'y fit. Alors il se rendit voir le taureau, le père de la grenouille. Il fut impressionné. Le puissant animal traînait une lourde charrue dont il ne se séparait jamais. Toujours il avançait, sans jamais s'arrêter, labourant les champs stériles pour les rendre fertiles. La biche, son épouse, le suivait en trottinant, s'évertuant à aider le taureau dans sa tâche. Il donna au serpent de judicieux conseils, mais ce dernier ne disposait pas d'une force pareil. Il sorti en rampant et manqua de se faire dévorer par le requin-marteau. Il bouillonnait de colère. « Quelle odieuse trahison ! Gronda t-il, découvrant une rangé de dents aiguisés, ma sœur est une traîné, et toi un vulgaire employé ! Je vais te dévorer ! »

Le serpent s'enfuit aussi vite qu'il put, jura de toute son âme qu'il ne reviendrai plus. Mais voilà, la petite grenouille était toujours présente. Sans qu'il s'en aperçoive, il lui avait ouvert la porte de son cœur. Elle s'était empressé de s'y réfugier. Alors tout changea. Le serpent n'était plus seul. Hélas, il s'oublia, braquant toutes ses pensées sur sa séduisante compagne. Il multiplia les petites attentions, oublia ses anciennes distractions et se sépara de son chat. Ils se fiancèrent et donnèrent une grande fête pour célébrer leur union. On n'eut plus de nouvelle du troll.

Mais voilà qu'une petite boule grandissait dans le ventre du serpent. Son passé lui manquait. Ses livres s'entassaient sans jamais être lu, sa plume s'asséchait et ses rares compagnons se voyaient délaissés. Désireux de subvenir à ses besoins, il s'attela à une petite charrue. Mais il ne parvint pas à suivre le taureau. Il n'était pas fait pour cela, il l'avait toujours sans jamais se l'avouer.

Alors il explosa sur la pauvre petite grenouille, déversant sur elle toute sa frustration. Le pauvre batracien s'en trouva toute enflée de nouveaux. Voyant ce qu'il avait fait, le serpent ne se senti pas bien. Il aimait sa douce grenouille mais ne pouvait lutter contre sa nature. Choisir était trop dur. Ils eurent une grande discussions, prirent de grandes décision. Le serpent pouvait vaquer à ses occupations, assouvir sa passion. Mais il devait y mêler sa douce fiancée.

La suite, personne ne la connaît, elle reste à construire, mais gageons qu'elle sera encore longue !
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